ALTA-VIA

Montée au Steghorn depuis Lämmeren dans la neige fraiche, pendant le raid au WildstrubelLe raid à skis autour du Wildstrubel, prévu de longue date avec nos désormais fidèles clients membres du DAV Reutlingen, s'est déroulé du 25 au 29 mars 2009. Un raid difficile dans les décisions, ponctué de très belles descentes et de jours de météo franchement mauvaise.

2 jours avant le raid, Pierre Pisano et Olivier Dufour, les 2 guides encadrant, surfaient sur les bulletins météo pour décider si le raid devait avoir lieu, ou bien s'il fallait un "plan B" dont ils ont le secret, car la météo s'annonçait médiocre. Comme le soleil n'était pas plus au rendez-vous ailleurs, le groupe s'est finalement retrouvé comme prévu à Leukerbad pour une première étape sous la neige vers Lämmerenhütte, belle cabane confortable au coeur du massif du Wildstrubel. La nuit et le lendemain matin furent exécrables, neige fraîche en quantité avec du vent. Mais passés les exercices de recherche de victime d'avalanche du matin, une belle éclaircie a redonné le sourire à toute la troupe. Quelques heures suffirent alors pour rejoindre le sommet du Steghorn (3146 m) et en descendre dans une belle ambiance de solitude hivernale.
Le lendemain, la traversée du Wildstrubel vers Engstligenalp, étape phare du raid, semblait peu envisageable car la nuit fut à nouveau faiblement neigeuse et ventée ! Mais un bel optimisme nous poussait à y croire, nous sommes donc partis assez tôt de Lämmerenhütte, dans le brouillard...
Plus haut en effet les nuages se sont déchirés progressivement, et c'est dans un climat de beau temps, et très soulagés car nous ne connaissions pas la descente de l'autre versant, que nous avons pu atteindre puis traverser le Wildstrubel par de belles arêtes en direction du Grossstrubel.
Nous pensions que ce second sommet de la journée serait la cerise du gateau, mais non ! La cerise sera la descente magnifique en très bonne neige du versant Nord !
Nous avions pensé éviter le passage clé à l'ouest de Früstückplatz, car le fort vent d'ouest et des corniches impressionnantes dominent le passage et le rendent dangereux. C'est donc par le plus facile mais splendide et sauvage glacier de Amertengletscher que nous avons rejoint Engstligenalp, en franchissant au passage le col d'Amerten, toujours dans la plus grande solitude. La descente depuis Grossstrubel jusqu'à l'alpage d'Engstligen nous a offert 1400 m de neige poudreuse, et la découverte d'un endroit inconnu pour nous...
Changement d'ambiance le lendemain, le foehn très violent (100 km/h) puis la neige soufflée nous font rapidement décider de ne pas faire l'étape (la traversée du col de Chindbetti vers le refuge Berghotel Schwarenbach). L'organisation suisse, bus postaux et remontées mécaniques, rendent alors le transfert assez agréable jusqu'à Kandersteg et les remontées de Sunnbüel, desquelles nous n'avons que 1h environ de peau de phoque pour rejoindre le prochain refuge.
Le lendemain la météo reste brouillée, mais malgré une soirée bien arrosée au vin du Valais, nous sommes au rendez-vous pour la traversée de Roter Totz, beau sommet de 2800 m du coeur du massif du Wildstrubel, à l'ambiance calcaire caractéristique. Toujours seuls nous rejoignons dans une neige assez épaisse le sommet, puis plongeons rapidement de nouveau vers le refuge Lämmeren, pour déguster les derniers Rösti du séjour !
Les gardiens nous annoncent tranquillement alors que les remontées de Gemmi sont fermées pour la journée !! Frayeur, pour éviter de repasser la nuit là (nos clients auront du mal à ne pas être à leur travail le lendemain), d'avoir à descendre de nouveau à Kandersteg puis contourner le massif par un système compliqué de bus et de trains !

Finalement tout aussi simplement un coup de fil nous annoncera que les remontées ouvrent pour un unique voyage à 16 h... Difficile de croire que ce téléphérique ferme un dimanche de fin mars, lorsque le vent n'est pas si violent, alors que des alpinistes doivent monter pour rejoindre les refuges alentours.

Bref nous rejoindrons sans encombre Gemmi à l'heure dite, avec un sentiment mitigé : nous avons pris les bonnes options, et avons pu réaliser un raid intéressant malgré le temps incertain, avec une journée inoubliable au Wildstrubel. Mais ce groupe de robustes alpinistes du club alpin de Reutlingen auraient mérité de meilleures conditions pour tenter l'ascension de sommets normalement prévus comme le Rinderhorn.

Le groupe du DAV Reutlingen au sommet du Wildstrubel le jour de la traversée
La traversée à skis des arêtes du Wildstrubel, en direction du Grossstrubel
La magnifique descente du versant Nord du Wildstrubel sur Engstligenalp, ici au col Amertenpass