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Raid à skis en Autriche : Oetztal, la haute route de VentRaid à skis en Autriche, massif de l'Ötztal : la Haute Route de Vent.

Le raid à skis en Ötztal, autour de Vent, s'est déroulé du 28 mars au 2 avril 2010. Malgré une prévision météo bien moyenne, le raid s'est déroulé dans de bonnes conditions, avec une excellente poudreuse. Et cela donne l'envie de remettre ça dès que possible...
En partant pour Vent en Autriche, je savais que les prévisions météo n'étaient pas merveilleuses pour la semaine à venir.
Les participants, qui ne sont pourtant pas des adeptes de la randonnée dans le brouillard ou la tempête, le savaient également. Mais ils n'envisagèrent à aucun moment d'annuler le départ, sachant par expérience qu'il vaut mieux voir sur place et s'adapter à la situation.
Je pensais à ceux qui, en projetant un raid à ski, sont déjà inquiets plusieurs mois avant que la météo soit défavorable, ou qui m'indiquent qu'ils ne viendront que s'il fait beau !
Heureusement, ce n'était pas le cas des participants de cette semaine. Cela nous permettait de partir et de voir sur place, quitte à modifier ou à écourter le raid si le temps devient exécrable ou la situation nivologique trop dangereuse.

Au final, une après midi de brouillard nous a empêché d'atteindre un sommet après avoir rejoint un refuge, et le lendemain nous n'avons eu aucune visibilité pour traverser le col prévu.
Sinon : du beau temps, du froid, parfois du vent... et de la neige poudreuse à souhait ! Et des souvenirs plein la tête, le sentiment d'avoir vécu une très belle semaine, riches en émotions, dans un massif vaste et peu fréquenté, très loin des agitations des villes ou des grands domaines skiables.

Ötztal, une des plus longues vallées des Alpes, 63 kilomètres avant d'arriver à Vent depuis Imst, loin de la bruyante station de Sölden, charmant et paisible village de fond de vallée, avec des hôtels très accueillants où il fait bon séjourner.

Le dimanche, comme prévu, nous avons démarré en début d'après midi de Vent pour monter au refuge Martin Busch.  Ambiance froide, du beau temps avec des passages de brouillard flottant sur les sommets de temps à autre. La pluie une dizaine de jours en arrière a purgé les pentes dominant l'itinéraire de montée. Peu de monde au refuge malgré la belle couche de neige poudreuse en altitude.

Le lundi, départ avec un grand beau temps, plutôt froid, pour le col Niederjoch où se situe le beau refuge Similaun, à la frontière entre nord et surd-Tirol. Les randonneurs partis le matin du refuge descendent les belles pentes du Niederjochferner depuis le sommet du Similaun, pendant que nous rejoignons le refuge et que les nuages de Fœhn débordent du sud.
Le brouillard épais s'installe sur la crête frontière comme nous arrivons au refuge. L'éclaircie attendue l'après-midi, celle qui nous aurait permis de gravir le sommet du Similaun, ne viendra pas. Le vent souffle, la visibilité est quasi nulle.
Reste le bon accueil et la bonne cuisine du refuge, les knödels et l'apflestrudel pour nous réconforter jusqu'au lendemain.

Le lendemain, mardi, même temps que la veille au soir. Versant nord, la visibilité devrait toutefois être meilleure.
Dans le brouillard, nous partons avec les autres groupes en direction du col Hauslab. Aux abords du col Tisen, lieu de découverte d'Ötzi après 5300 ans de repos dans la glace, il nous faut nous orienter avec précision pour trouver et traverser le col Hauslab, la visibilité est de 5 mètres, le vent souffle, il neige un petit peu.
L'arrêt au col est limité aux manœuvres techniques pour préparer la descente.
Arrivé sous le Saykogel, la visibilité devient meilleure et nous pouvons profiter des belles pentes larges, malgré une neige un peu compactée par le vent, pour rejoindre le fond de la vallée de Hochjoch.
La dernière pente nord, face au refuge Hochjoch est encore en excellente neige.
Par contre nous découvrons le versant sud, au dessus du refuge, très peu enneigé jusque vers 2700 m. Cela devrait toutefois suffire pour atteindre l'immense plateau glaciaire du Kesselwandferner.
Un peu plus de groupes ce soir au refuge.

Mercredi matin, il a neigé dans la nuit. Le brouillard matinal se dissout lentement pendant notre montée vers le glacier. Le retrait marqué de ce glacier a modifié l'itinéraire pour atteindre le plateau supérieur, rallongeant un peu le trajet.
Sur le plateau, le temps est clair, le froid vif, le vent mordant. Et la vue grandiose. Ce glacier est immense, dominé par le refuge Brandenburg qui trône comme un phare, devenu haut perché avec le retrait du glacier.
Sans difficulté nous atteignons le col supérieur de Guslar, au pied du sommet du Fluchtkogel. Le retour du brouillard sur les crêtes par le sud nous fait préférer de laisser le sommet pour profiter de la fabuleuse descente qui nous attend jusqu'au le refuge Vernagt. Nous finissons par le couloir sous le pluviomètre, directement sur le refuge. Les conditions s'avèrent excellentes pour la suite, la neige froide et poudreuse. Le temps est prévu moyen pour le lendemain, nous verrons. Le refuge est très calme, malgré le confort et le bon accueil.

Le temps est beau au réveil le jeudi. Le temps de se préparer, il neigeote déjà, mais rien de trop méchant. Nous partons comme prévu pour la pointe de Hochvernagt, sommet idéal pour le ski.
De belles éclaircies pendant la montée nous permettent d'admirer les paysages glaciaires alentour, grandioses.
Le temps se bouche pendant que nous atteignons le plateau sommital. Nous laissons encore une fois le sommet 100 mètres au-dessus de nous pour profiter de la belle poudreuse. Les pentes soutenues sont parfaites à skier, larges, régulières, sans soucis. Nous skions toutes les belles pentes jusqu'à la fin du glacier, 700 mètres de poudreuse.  Une courte montée nous ramène au refuge. Plus de monde ce soir, le week-end de Pâques commence... Le soir il neige, 15 ou 20 cm de poudreuse supplémentaire. Cela ne devrait pas trop nous gêner demain, les pentes ne sont pas trop raides.

Vendredi : la nuit fut claire, le mercure indique -20 degrés. Grand beau ! Nous préférons un départ vers 7h30 plutôt que vers 6 heures comme les premiers. Cela nous privera certainement du sommet de la Wildspitze, mais la traversée du col Mitterkar nous suffira. Nous souffrirons également moins du froid en partant plus tard.
La trace est profonde, les glaciers alentours sont immaculés, la vue s'étend au fur et à mesure de notre montée vers le col Brochkogeljoch. Les 100 derniers mètres sous ce col sont raides, l'arrivée sur plateau glaciaire est récompensée par de nouveaux horizons, d'autres montagnes, d'autres glaciers : géant !
Les premiers randonneurs descendent de la Wildspitze pendant que nous traçons pour rejoindre directement col Mitterkar.
Les premiers arrivés hésitent sur le col à traverser : le plus bas, le plus large, plus haut à gauche ?
C'est en fait plus haut à gauche que le versant sud nous permet le passage le plus sûr : 50 mètres de dérapage à l'aide de la corde avant de skier le bas du couloir en neige fraiche très profonde et un peu alourdie.
S'ensuivent de belles pentes de poudreuses, avant que les rochers cachés nous rappellent que l'enneigement était faible sous 2800 m en début de semaine. Et la poudreuse ne fait que cacher certaines pierres !
Avec un peu de précautions nous profitons toutefois de belles pentes de neige vierge pour rejoindre la piste de ski de Vent vers 2500 m.
Grâce à cette piste, nous rejoignons aisément le village. Nous aurons même 200 mètres de neige de printemps pour finir, la seule neige de printemps de la semaine, tout le reste en poudre !
Cette grandiose traversée depuis le refuge Vernagt clôture en beauté cette semaine sur la haute route de Vent et donne envie de revenir pour découvrir tout ce qui n'a pu l'être en 6 jours, le massif est tellement grand !

Et de repenser en souriant aux doutes sur la météo avant de partir. Nous n'avons pas eu trop de doutes, tant mieux, l'aventure fut à la hauteur de nos espérances.
Rires encore en pensant à tous ces groupes qui ont annulé cette semaine leur raid en Ötztal pour cause de mauvais temps !

Un raid à skis, ce n'est pas un parcours définit strictement à l'avance quant à l'itinéraire, les heures de passages, les dénivellations à franchir... heureusement !
On ne "fait" pas un raid à skis comme on participe à une épreuve organisée.
Un raid à skis se "vit", avec ces aléas, ses modifications, ses imprévus, ses bonnes surprises, les émotions qu'il procure... et l'envie de repartir qu'il suscite à chacun de nous !

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Raid à skis en Autriche : Oetztal, la haute route de Vent
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