Guides de haute montagne français certifiés ENSA - UIAGM
Non, tous les guides français ne sont pas membres de l'UIAGM / IFMGA, comme on peut le lire sur la toile ou l'entendre autour de nous. A cause d'une histoire de non respect de la liberté syndicale, entraînant une entrave à la libre concurrence. En effet, l'UIAGM regroupe certaines associations de guides de montagne de plusieurs pays, une association par pays. Mais en France il y a au moins 2 associations de guides de montagne, le SNGM et le SIM, seule la première est membre de l'UIAGM. Les guides de montagne adhérent au SIM, comme tous les guides de haute montagne français sont pourtant bien formés à l'École Nationale de Ski et d'Alpinisme (ENSA) de Chamonix, sur la base de la même plateforme internationale reconnue par l'UIAGM.
Tous les guides de l'Association Alta-Via de Saint-Gervais-les-Bains sont bien certifiés et dûment diplômés.
Vérifier les diplômes
Cette question mérite toutefois des explications pour que chacun puisse comprendre ce qu'il en est réellement.
Comment être sûr qu'un guide français est dûment qualifié ou certifié ? Explications
Les guides de haute montagne français sont formés à l'ENSA de Chamonix. Ils sont tous sur le site officiel du ministère concerné, en 2026 c'est le Ministère des Sports de la Jeunesse et de la Vie Associative. Vous pouvez les trouver sur cette page en saisissant au moins les deux premières lettres de leur nom est les deux premières de leur prénom : https://recherche-educateur.sports.gouv.fr/accueil. Le site peut parfois produire des erreurs, en oubliant temporairement un guide, en particulier lorsque celui-ci vient de suivre son action de formation continue obligatoire, le temps de mettre à jour les données en ligne.
A noter que les guides de haute montagne sont titulaires soit du BE soit du DE, le Brevet d'État (BE) d'alpinisme a été officiellement remplacé par le Diplôme d'État (DE) d'alpinisme par un décret du 12 novembre 2010, complété ensuite par l'arrêté d'application du 16 juin 2014. Les jeunes sont donc diplômés et ceux qui sont jeunes depuis plus longtemps sont brevétés.
Qu'est-ce qu'un aspirant guide ? Un "aspi" a-t-il le droit de guider au Mont Blanc ?
Un aspirant guide de haute montagne est un professionnel de la montagne en cours de formation, qui a déjà validé de lourdes épreuves techniques mais n'a pas encore obtenu son diplôme d'État définitif de Guide. Oui, ils ont le droit de gravir le Mont Blanc avec des clients, mais cela dépend strictement de leur niveau d'avancement dans le cursus de l'École Nationale de Ski et d'Alpinisme (ENSA). Vous trouverez également les aspirants guides français sur le site du Mnistère https://recherche-educateur.sports.gouv.fr/accueil. Ils ont aussi le droit d'aller travailler en Suisse en Italie ou en Espagne.
L'UIAGM / IVBV / IFMGA c'est quoi ?
L'UIAGM Union Internationale des Associations de Guides de Montagne, est une association de droit Suisse, regroupant des associations de guides de montagne de plusieurs pays. Tous ces pays reconnaissent une même plateforme pour la formation de leurs guides. Aucun guide n'est directement membre de l'UIAGM (même si un numéro est attribué à chacun), c'est son association de guides qui est membre de l'UIAGM.
En Allemand, UIAGM c'est IVBV (proncez ifaobéfao) pour Internationale Vereinigung der Bergführerverbände.
En Anglais, c'est IFMGA (prononcez i f m djié) pour Internationale Federation of Mountain Guide Associations.
La langue officielle était jusqu'à peu le Français ou l'Allemand, selon la langue pratiquée par le Président en place. C'est devenu l'anglais sous la présidence d'un président Français multilingue, cela côute moins cher en traducteurs.
UIAGM : quelques dates historiques
L’idée de réunir les guides du monde entier au sein d’une même famille est probablement née lors des festivités organisées pour le centième anniversaire de l’association des guides de Courmayeur en l’an 1950. L’idée a été lancée par Toni Gobbi de Courmayeur, le fondateur de la marque Grivel, et Bernhard Biner de Zermatt. Cette idée n’a pas été poursuivie. C’est seulement en 1965 que Bernhard Biner reprend contact avec Toni Gobbi et avec Roger Frison-Roche de Chamonix.
L’Union Internationale des Associations de Guides de Montagne (UIAGM) a effectivement été fondée en 1965 lors d'une réunion organisée dans la résidence d’été de Maurice d’Allèves, alors préfet du district de Sion et figure locale très impliquée dans le développement touristique et montagnard de la région à Sion dans Valais (Suisse).
- Toni Gobi, Président des guides valdotains et Président du Consortium national des guides et porteurs du CAI (Club Alpin Italien),
- Pierre Peret, Président des guides français,
- Camille Tournier, Président des guides de Chamonix,
- Roger Frison-Roche, ex Président des guides français,
- Gottlieb Perren, Président des guides suisses,
- Felix Julen, Président des guides du Valais,
- Hias Noichl, Président des guides autrichiens
Les Associations de guides membres de l'UIAGM, à sa création et d'après les statuts de 1966, sont celles de l'Italie (qui appartient au CAI), de la France, de la Suisse et de l'Autriche.
Le comité provisoire était composé de Roger Frison-Roche, Président et Xavier Kalt, Secrétaire-Trésorier.
En 1969 l'association des guides allemands est admise à rejoindre l'UIAGM.
En 1971, la situation en Italie ne s'avère pas bien claire ! Elle ne correspond pas à l’article 4 des statuts, car l’association des guides italiens est toujours rattachée au CAI. Selon les statuts de l'UIAGM, le président du CAI ne peut pas être le président des guides italiens. Seule l’association valdotaine peut donc être admise en tant qu’association indépendante à l'UIAGM.
En 1973 c'est l'association des guides du Canada qui entre à l'UIAGM. Pendant ce temps en Italie, seule l’association valdotaine est réellement indépendante pendant que les autres régions se trouvent toujours sous la tutelle du CAI. C'est alors l’association des guides du Sud-Tirol qui demande à adhérer à l'UIAGM. Mais selon les statuts de l'UIAGM seule une association nationale peut être membre par pays, d’où la réponse négative accompagnée de la recommandation de s’adresser à l’association italienne (qui appartient au CAI), ce qui est illusoire.
En 1976 l'association des guides du Sud-Tirol est admise, donc deuxième association italienne, à noter.
En 1979, l’association des guides italiens se sort de ses problèmes en devenant quasi indépendante du CAI. Elle finira plus tard par devenir indépendante et la troisième association de guides d'Italie à devenir membre de l'UIAGM, sous le nom de Collegio Nazionale Guide Alpine Italiane (CANAGAI, alors que l'AGAI Association Nationale des Guides Italiens est à la fois une association professionnelle et la section nationale du Club Alpin Italien, réservée à ceux qui ont décidé de transformer leur passion pour la montagne en métier).
L'UIAGM ne regroupe plus tous les guides de montagne depuis 2024
En 2004 plusieurs guides français quittent le syndicat historique SNGM et fonde un deuxième syndicat de guides de montagne, le SIM. Les guides qui quittent le syndicat historique membre de l'UIAGM, perdent leur carte UIAGM, l'Union refusant selon ses statuts une deuxième association pour la France. Le SIM reçoit une réponse négative accompagnée de la recommandation de s’adresser à l’association française des guides, le SNGM, ce qui est illusoire, comme pour le Sud-Tirol en 1973.
En France, le titre professionnel de guide de haute montagne dépend strictement d'un diplôme d'État et non d'une affiliation syndicale. Tous les professionnels en exercice, qu'ils soient membres du SNGM ou du SIM, détiennent exactement la même légitimité. Ils ont suivi le même cursus (plateforme UIAGM) à l'École Nationale de Ski et d'Alpinisme (ENSA Chamonix) et ont validé le même Diplôme d'État.
Le fonctionnement de l'UIAGM
L'UIAGM / IFMGA est une fédération internationale de droit privé. Sa charte fondatrice stipule qu'elle ne reconnaît qu'une seule association nationale par pays membre. Historiquement, le Syndicat National des Guides de Montagne (SNGM) est le représentant français unique auprès de l'UIAGM. Le Syndicat Interprofessionnel de la Montagne (SIM), créé en 2004, se voit donc constitutionnellement refuser l'adhésion à l'UIAGM. La différence ne réside pas dans les compétences ou les droits en France, mais dans la reconnaissance internationale automatique : Un guide affilié au SIM possède les mêmes prérogatives légales d'encadrement qu'un guide du SNGM. Le diplôme du Ministère des Sports et la formation qualifiante de l'ENSA faisant foi. Seuls les membres du SNGM reçoivent automatiquement la médaille internationale UIAGM. Les guides du SIM ne peuvent pas s'en prévaloir directement lors de l'exercice de leur métier à l'étranger.
2026 un tournant pour les guides de haute montagne français ?
Les guides du SIM obtiennent toutefois sans problème leur EPC tous les trois ans, carte professionnelle européenne, pour travailler en toute légalité en Italie ou en Autriche, et chaque début d'année leur agrément officiel pour travailer légalement en Suisse. Vous pouvez vérifier si votre guide est déclaré pour travailler en Suisse sur ce portail.
Mais cette situation suscite toutefois des tensions, le mot est faible. Le SIM, pour défendre ses guides, mène des actions en justice en France contre l'UIAGM et contre certains cadres de l'ENSA pour discrimination et entrave à la libre concurrence.
L'IUAGM pourrait être jugée devant le tribunal judiciaire de Lyon (après ses trois échecs successifs pour y échapper), ce qui pourrait mettre fin aux discriminations et entraves aux libertés fondamentales infligées aux guides de haute montagne français membres du SIM.


